Arrivée à Yangon, capitale économique du Myanmar

Ou Rangoun, capitale économique de la Birmanie.

Alors que je n'avais au grand jamais imaginé que je me retrouverai dans ce coin d'Asie du Sud-Est durant mon périple, me voici fraîchement arrivé sur le sol Birman après une courte interlude (que je préfère passer sous silence) dans la ville de Bangkok.

Ce pays déborde de doubles appellations : on entend parler de Birmanie, mais aussi de Myanmar... On entend parler de Yagon, mais aussi de Rangoun. Alors... Quelle appellation choisir ?

En fait, il s'agit surtout d'une résistance francophone. Sans entrer dans des détails qui peuvent être politiquement complexes, le pays ainsi que certaines de ses cités ont été renommées lors de la prise du pouvoir par les militaires qui ont bouté les anglais hors du territoire, en 1989. C'est alors que la Birmanie (Burma en anglais) est devenu le Myanmar.

J'utiliserai quant à moi les deux appellations. Pour Yangon, seul l'orthographe change. La prononciation reste la même que pour Rangoun.

De retour en Asie du Sud-Est

Je patiente, longuement, que mon sac à dos se décide à montrer le bout de sa sangle sur cette foutue chenille de caoutchouc. Je fonce ensuite récupérer une carte SIM et échanger les quelques baths qu'il me reste, pour beaucoup de Kyats.
Comme en Indonésie, mais dans une retenue toute autre, c'est une bande de chauffeurs de taxi qui attend les touristes à l'orée de l'aéroport. N'ayant pas le coeur à négocier, je réserverai un taxi sur internet. Mon chauffeur devait être caché à quelques dizaines de mètres de là car il me récupère dans la minute, et dévoile un sourire teinté d'un rouge presque cramoisi. Ce monsieur doit être gravement malade, me dis-je.

Nous sommes tout au nord de Yangon, et je dois filer vers le sud, en bordure du fleuve baptisé du même nom que la cité. Je m'installe à l'arrière alors que le chauffeur me presse. Quelque chose me trouble, mais je ne sais pas quoi. Ah si : la conduite se fait à gauche, alors que le volant est à droite. Ce qui donne une conduite somme toute assez dangereuse, comme si elle ne l'était pas suffisamment. Il faut remercier le gouvernement militaire qui, dans un souci très fort de rupture, est allé à l'encontre des choses qui avaient été établies durant le régne des anglais. Je croise les doigts.

En rouge et jaune

Alors que mon chauffeur s'en sort très bien, plusieurs détails me sautent aux yeux au fur et à mesure que nous nous approchons du centre de Yangon, lors des longs moments d'attente dans la circulation saturé. Le chauffeur du taxi ne doit pas être malade, ou alors toute la population masculine l'est. Plus raffinés, les femmes, enfants et adolescents arborent des dessins plus ou moins élaborés sur les joues et sur le front, faits d'un genre de crème dorée. Ce doit être une coutume locale, je présume. Et surtout, fait assez incroyable : il n'y a pas de scooters.

Puis nous arrivons à bon port. À peine ai-je posé le pied par terre que les saveurs d'Asie du Sud-Est s'écroulent sur moi pour un retour fracassant. La chappe de plomb d'un soleil écrasant, une humidité digne des plus grands hammams. Les marchés, les marchands. Les sacs de noeuds de fils électriques, qui resteront ainsi jusqu'à ce que tout finisse par sauter. Et puis le bruit.

La journée est déjà bien avancée, mais je dois attendre celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom qui travaille et chez qui je passerai la nuit en couchsurfing. Je patienterai dans un petit café à l'apparence très occidentale : la Rangoon Tea House.
Je ne compterai pas tous les birmans venus papoter avec moi durant l'après-midi, très heureux de pratiquer un peu d'anglais, et de savoir ce qui se passe dans le monde. Ces moments étaient en tout cas très émouvants.
Entre chien et loup, mon hôte me retrouve, et nous montons discrétement chez lui.

Le Myanmar et ses lois

Afin de le préserver, je me dois de taire son nom. En effet, les lois birmanes sont assez répressives à ce niveau là : pour héberger quelqu'un ou monter une guesthouse, il faut obligatoirement une autorisation (qui coûte cher), le couchsurfing est donc interdit.

Je dépose mes affaires, puis nous repartons manger dans la Tea House. Après celà, il m'emmena me promener dans les rues de Yangon, bien plus calmes qu'en Indonésie. Il semblerait que les birmans dorment, eux. Néamoins, on trouve une population nocturne bien active et relativement jeune qui pave les rues. Je découvre, non sans amertume, que les grandes enseignes occidentales ont déjà planté leurs racines capitalistes.
Mon hôte m'emmena ensuite jusqu'à la pagode Sule, rayonnante dans sa robe dorée.

Pagode Sule

Puis ensuite, nous partîmes vers la gare, à laquelle je devais me rendre le lendemain. Puis nous faisons un détour jusqu'à la rivière Yangon, que nous remontons jusqu'à son hébergement.

La "Circle line"

Au petit matin, alors que mon hôte est déjà parti, je file en direction de la gare. Bien que le soleil chauffe le ciel de ses couleurs encore jaunes et douces d'un crépuscule mourrant, le marché est déjà sur la fin. Je fais le plein de victuailles, sous les rires et sourires, puis file vers la gare, un samoussa en travers de la gorge.

En chemin, je découvre des pavés tranchés d'autant de cicatrices carmins que les hommes crachent leur chique. Des bâtiments aux couleurs suif, stigmates de l'empire colonial britannique, vernissent de nombreuses rues.

Alors que je me suis arrêté pour prendre en photo quelque chose qui ressemble à un obélisque, un groupe de bonzes m'arrête, et je crois comprendre qu'il me demandent de l'argent. Au bout de 5 minutes, alors que je suis assez décontenancé, une femme birmane me vient en aide, et hurle sur les mômes qui détalent. Finalement, c'est peut-être déjà trop tard pour le Myanmar qui commence à souffrir des déboires d'un tourisme déjà lancé sur la voie de l'intensivité.

J'arrive enfin à la gare. Je vais prendre ce qu'on appelle la "circle line".

Comme son nom l'indique, la circle line est une ligne de train, très basse vitesse, faisant le tour de Yangon. Moyennant quelques kyats, cela permet d'obtenir un bon aperçu de la ville.

De là, on peut observer de nombreuses parties de la ville, des marchés, des favelas, la misère et le plastique. Le temps s'écoule aussi vite que le train roule. Le trajets est ponctué d'arrêts durant lesquels des marchands de babioles ou de nourriture affluent dans les wagons.

Alors que j'observe les hommes, je commence à comprendre l'origine de cette coloration dentaire. Ils mastiquent un genre de feuille avec une baie puis crachent allègrement le résultat, un liquide cuivré qui colore dents, lèvres et bitume.
Je discuterai encore quelques instants avec des birmans curieux, puis sauterai en marche au niveau du sud-ouest de la ville.

Immersion garantie en terre birmane réussie.

Pagode Shwedagon

Avant de me rendre au must-see de Yangon, je m'arrêterai en chemin au parc Bogyoke, histoire de flâner un peu. Sans trop m'y attarder, car il ne faut pas rater le coucher du Soleil à la pagode Shwedagon.
Premier saint lieu du Myanmar, il contiendrait des reliques de 4 anciens bouddhas, dont huit cheveux du Bouddha Gautama. Toujours selon la légende, l'édifice serait vieux de plus de 2500 ans, âge avec lequel les historiens ne sont pas forcément d'accord.

Alors que je m'approche de l'entrée sud, je renfile des braies jusqu'aux chevilles. À l'entrée, deux chinthes me toisent de toute leur hauteur, mais me laisse toutefois pénétrer dans l'enceinte. J'enlève mes chaussures et les place à un lieu stratégique, puis m'allège de quelques kyats après une fouille corporelle.

Le lieu est surpeuplé. Surpeuplé, mais calme. Comme Notre Dame au petit matin. C'est un océan de sérénité, et le calme absolu qui régnait au parc me semble désormais bien bruyant.
Je commence ma traversée du temple et de ses méandres, comme le veut la coutume, dans le sens des aiguilles d'une montre.

La zone grouille de recoins, et j'explore le vaste complexe mélangeant plus de 70 autres pagodes, pagodons, salles de prières, tazaungs, pyatthats, en plus des nombreuses statues de bouddhas et de nats.
Étonnamment, le lieu n'est pas un lieu de culte uniquement. Afin de saisir et d'immortaliser sa beauté, qu'on soit fidèle ou touriste, on dispose de son appareil photo.

Et puis, après avoir attendu son heure toute la journée, la nuit tombe. S'affaisse sur fidèles et touristes. Puis, alors que le gong résonne au loin, par 10 frois, la nuit se pare d'or.

Je suis subjugué par la transformation provoqué par l'arrivée de l'obscurité. Tout est sublimé, comme un papillon qui n'est resté que trop longtemps chrysalide. Des processions se mettent en place, les nonnes allument des bougies et prient, communient profondément dans leur foi. Certains fidèles, plus discrets, plus solitaires aussi, se sont repliés dans les recoins les plus reculés.

Le visage de ce lieu sacré est tellement différent désormais que je me dois d'en refaire le tour. Plus calmement cette fois, l'entrain de la première visite s'est évaporé. Mais aussi car cette sensation de calme et de sérénité, si tant est que ce fut possible, est encore plus intense que durant la journée.

En route vers Mawlamyine

Sans vouloir tomber dans des dérives praniques, j'aurais pu passer la nuit à m'abreuver de l'air ambiant. Mais ça n'est pas possible, l'heure est au départ. Au départ pour Mawlamyine, capitale de l'état Môn, que je rallierai en bus de nuit.

Mon voyage au Myanmar

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